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Nuit de violences à Calais

Nuit de violences à Calais

Depuis quelques temps, les tensions augmentent à Calais et il suffit d’un incident mineur pour que des situations dérapent. Hier en fin de journée, au moment de la distribution des repas au centre Jules-Ferry, des violences ont commencé à éclater entre migrants. Elles se sont propagées à l’ensemble du site jusque tard dans la nuit. Le réveil a été douloureux : plus d’une cinquantaine de blessés dont 15 sérieusement, un millier de personnes qui ont perdu leur abri, des infrastructures associatives détruites… Ces violences étaient malheureusement prévisibles et ne sont que le résultat de politiques inadaptées, contradictoires qui laissent ces milliers de personnes survivre dans ce bidonville, avec une voie sans issue comme avenir.

Une politique inhumaine qui mène à l’impasse

Il y a trois mois, quand la zone sud du bidonville de Calais a été démantelée, les associations alertaient déjà sur les risques de concentrer plus de 3000 personnes dans des conditions  indignes sur un espace plus réduit. Les choix qui sont faits depuis des années, que Médecins du Monde avec d’autres acteurs associatifs dénoncent pour leur insuffisance et leur inadaptation à la réalité à laquelle ils sont censés répondre, ont des conséquences graves sur la santé des personnes déjà vulnérabilisées par l’expérience d’évènements traumatiques, tant dans leurs pays d’origine que pendant leur parcours.

En tant qu’acteurs de terrain, nous sommes témoins de la dégradation continue de l’état physique et psychologique des personnes. Syndrome de stress post traumatique, anxiété, stress, angoisse dépression, addictions sont des souffrances rencontrées quotidiennement chez les personnes avec lesquelles nous travaillons.

 

Nous constatons des souffrances psychologiques en augmentation, ravivées ou déclenchées par les conditions de vie, le climat de violences (policières, civiles, institutionnelles) et de discrimination banalisée. De fait, les conséquences de politiques publiques incohérentes et inadaptées.

 

 Pour répondre à cette situation d’urgence, l’Etat doit :
• assurer un accueil digne, dans le respect des droits de l’homme, à ces personnes qui viennent demander notre protection.
•  ouvrir des lieux à taille humaine pour les accueillir dans des conditions décentes
•  Et plus globalement, considérer cette situation migratoire comme une crise humanitaire d’urgence dont les enjeux et solutions pérennes doivent être envisagés à l’échelle européenne.

 
Médecins du Monde poursuivra son action auprès des migrants, en Europe et à Calais, pour leur garantir un accès à des soins physiques et psychologiques afin de répondre aux souffrances que  ces politiques de fermeture continuent de créer.